Dento Budo Dojo

Ne pas se battre , ne pas subir.

 

 

 

Patrick McCarthy et
            Roland Habersetzer...

 

une rencontre inédite lors d'un stage.

 

 

Rencontre renouvelée avec Sensei Patrick McCarthy pour cette deuxième édition en Alsace, mais cette fois-ci, avec un extra… puisque Sensei Roland Habersetzer était également présent pour l'après-midi du samedi. Deux spécialistes du Bubishi, faut-il le rappeler ?... Ce fut donc un moment privilégié que de voir deux O-Sensei se retrouver, dans le cadre

d'un stage organisé par Serge Heckel que l'on doit remercier, car sans lui, cette rencontre n'aurait pu avoir lieu.

      Souhaitons que l'année prochaine ce rendez-vous puisse se renouveler, car une certaine déception quant au nombre de participants doit être soulignée. C'est du vivant des personnes que l'on peut vraiment bénéficier de leur enseignement, d'autant plus que ces deux grands du karaté ont vraiment matière à transmettre.

      Localement, sans aller très loin… la région Grand-Est a montré peu de loquacité… Quel dommage ! … Que peut-on en conclure ? Les raisons ne manquent pas, entre les vraies, et les fausses pour justifier ce fort absentéisme. Triste de voir que les sensei locaux n'ont pas su mobiliser leurs élèves ou n'ont pas fait le relais … Il semblerait qu'eux-mêmes ne soient pas intéressés… leur absence le démontre. On peut percevoir à travers cette sorte de désengagement une


bubishi

 

Sensei Patrick McCarthy à gauche et sensei Roland Habersetzer à droite avec leur "Bubishi" en main...


Patrick McCarthy

 

ou autour d'une table. Discussion, on s'en doutera... autour du budo et des conceptions de chacun.

véritable inquiétude souvent exprimée par des sensei qui eux ont soif de transmettre des valeurs profondes au sein des différents budo, telle que le karaté par exemple, puisqu'il s'agit de cela ici.

      Le jutsu exprimé par Sensei Mc Carthy jouait sur deux tableaux, celui du karaté sur l'entrée d'un kumité, et celui du ju dans la sortie de ce kumité. Il exprimait des applications provenant de techniques anciennes, en partant de formes souvent empruntées à des koshiki kata, mais aussi aux formes modernes, tout en intégrant des comportements d'attaques assez naturelles pour finir à un contrôle au sol. Evidemment, cela ne peut fonctionner que dans le cas de l'existence d'un seul adversaire. Sensei Habersetzer quant à lui exprimait davantage un contrôle comportemental dans la finalité car ne l'oublions pas, la défense doit être proportionnelle à l'attaque, donc il s'agira dans la défense de doser, dans la mesure du possible, pour ne pas aller forcément à une destruction. Le contrôle aura alors sa place mais ne doit pas être une source de

fixation sur un adversaire car d'autres peuvent apparaître ce qui est alors un véritable danger. Ne pas se battre, et ne pas subir, mais aussi… ne pas s'attacher… ce que l'immobilisation impose. Ces exemples offerts par les deux sensei sensibilisent tous karatéka pour une véritable réflexion, pour eux-mêmes, mais aussi pour le message employé face à leurs élèves dans la mesure où ils enseignent.

      Un karaté sportif, qu'on se le dise, tend vers une performance d'ordre physique. Mais fatalement la loi du temps impose un jour l'effacement de celle-ci qui oriente alors la pratique vers une impasse. Alors que… le karaté que l'on dit de la Tradition –encore faut-il savoir de quoi on parle…– a beaucoup plus que la seule pratique orientée vers le physique.

      Ces deux sensei, par leur engagement, défendent à leur façon une conception de la transmission de leur art. Mais l'époque nous montre qu'un certain aveuglement prédomine face aux conceptions erronées des pratiques du karaté. Ce qui crée de nombreuses


Féodor Tamarsky

 

Féodor Tamarsky offrant l'une de ses oeuvres en l'honneur de O-sensei HABERSETZER.


Patrick McCarthy

 

Patrick McCarthy

nouvelles formes qui se revendiquent comme faisant partie des Arts martiaux… et qui pourtant en sont fortement éloignées ! Car l'Art martial ne se réduit pas à une seule technique de combat, mais a pour objectif de faire grandir l'être que nous sommes.

      Toutefois, quelques budokas y sont encore sensibles, puisque belges, allemands, suisses, australien (il y avait une australienne dans le groupe !) étaient présents à ce stage. On ne peut qu'espérer que dans l'avenir d'autres pratiquants puissent, ne serait-ce qu'une fois, expérimenter cette approche du budo. Mais il semblerait qu'il soit difficile de se remettre en question et de voir sa pratique évoluer vers un peu plus de … vérité. Pourtant, la quête est bien là, mais cela vous parle-t-il ?

      Merci aux deux sensei, Patrick McCarthy et Roland Habersetzer, et à l'organisateur, Serge Heckel, pour ces moments précieux d'enseignement.

Juillet 2016, Jean-Claude Bénis

 

 

 

 

 

 

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