Dento Budo Dojo

Ne pas se battre , ne pas subir.

 

 

SURPRISE...

pour le Dento Budo Dojo

 

 

 

 

 

Un évènement exceptionnel eut lieu durant ce passage de grade de mars 2016. En effet, à la surprise générale des présents, O-Sensei Roland HABERSETZER a octroyé à sensei Jean-Claude BENIS le grade de TASHI, selon la progression du Tengu ryu karatédo, ce qui correspond à un 6ème dan en karaté.

       C'était inattendu ! Mais cela créé une joie intense chez les membres de notre association, le Dento Budo Dojo, comme d'ailleurs dans l'école où nous appartenons, le Tengu-ryu. Cette joie fut partagée avec deux autres promus comme 6ème dan, deux allemands, Helmut GÖTZ et Alexander CALLEGARI. Ce moment, intense, marque selon O-Sensei, l'engagement porté par ces karatékas au sein du Tengu-ryu. Une constance dans la pratique qui n'est plus à démontrer au sein de leur propre dojo mais aussi par des actions diverses selon les personnalités de chacun dans le ryu.

       Il va s'en dire que recevoir un tel grade c'est aussi porter en soi davantage de responsabilité. C'est également un indicateur, curieux, celui de l'écoulement du temps dans la pratique avec le sérieux qui l'accompagne.

       Chacun de ces karatékas exprime leur karaté avec une expression qui leur est personnelle, et c'est normal après cette durée de pratique de leur art.

 

 

Les trois promus au titre de Tashi. De gauche à droite, Soké Roland HABERSETZER, Helmut GÖTZ, Alexander CALLEGARI et Jean-Claude BENIS.

      Au dojo à Sélestat, notre sensei nous avait dit après cette promotion :

      « C'est curieux, je n'avais jamais imaginé qu'un jour j'en arriverai là ! Lorsque j'avais commencé le karaté il y a trente ans – ça ne rajeunit pas ! – je me rappelle d'une anecdote que je vais vous raconter. Passionné dès le début de ma pratique du karaté je m'étais rendu dans une librairie non pas des moins célèbres aujourd'hui pour l'achat d'un livre sur le karaté. Rendu sur place je commençais à consulter les livres et parmi l'ensemble deux m'ont taper dans l'œil. Le premier livre, sur les katas shotokan de bases et avancés, le second sur les katas supérieurs, tous deux de Roland Habersetzer que je ne connaissais pas encore à l'époque… mais curieusement que je connus l'année suivante – durant ma deuxième année de karaté ! Etait-ce un signe du destin ? Sans doute… car des signes (pour celui qui sait les voir…) il y en eut beaucoup. Je voulais prendre le livre de base mais je n'avais pas assez d'argent sur moi, alors j'ai pris celui moins couteux des katas supérieurs même si ce n'était pas

une priorité à ce moment-là de ma pratique. Signe du destin… je ne revis plus jamais ce livre dans une quelconque librairie ! Ouf, je l'avais… En consultant le contenu j'avais alors vu que les katas allaient jusqu'au 5ème dan. C'est alors que j'avais pensé –je m'en souviens comme si c'était hier… curieux ça aussi !– que j'aimerais bien arriver jusque-là. Une pensé bien surprenante, avec l'innocence du débutant qui ne voyait pas du tout la tâche qui devait être accomplie pour arriver à un tel niveau ! Mais souvent, nombreux des karatékas visent la ceinture noire. Pour ma part c'était d'apprendre tout le contenu du style. Honnêtement, lorsque je me projette dans le passé, avec ce recul que j'ai maintenant, je n'avais tout simplement pas conscience de l'ampleur de ce que cela impliquerait dans ma vie. Mais une chose est certaine, c'est que la pratique du karaté m'a tout de suite, et dès ma première année, passionné… comme aujourd'hui, sinon plus !

      Apprendre, comprendre, mais aussi et surtout, transmettre, est une nécessité pour moi. Enseignant

de métier, j'ai forcément une sensibilité sur ce qui doit être montré, dit, véhiculé, afin de construire une personne et non la détruire. Le temps de pratique me permet de percevoir ce qui en fait un véritable art. Difficile à comprendre si on se fie au seul regard, souvent superficiel, de la technique du karaté. Se cache derrière celle-ci, l'autre versant, difficile d'accès, mais qui garde en elle-même quelques messages venant d'un autre temps, par leur origine, mais intemporels par ses valeurs humanitaires.

      Si je vous dis cela, c'est aussi pour vous encourager à persévérer dans votre karaté. Cela vous guidera dans votre vie, et vous ferra cheminer… la Voie, n'est-ce pas ! Mais je voudrais vous dire aussi, merci à vous, car par votre présence nous pouvons partager une pratique qui déteint des valeurs tellement profondes et nécessaires dans nos sociétés où la place du spirituel s'efface devant celle du matérialisme. Un retour vers l'essentiel, le cœur de votre existence n'a pas de prix. Seul de l'engagement, avec confiance, que vous mènerez vous portera vers ce

qu'on appelle dans le budo, le satori. Mais pas que dans le budo d'ailleurs… »

      Ces quelques paroles marquent bien l'esprit de notre dojo, avec la prestation technique qui va de paire. Bun et Bu, rappelons-nous, sont la marque d'une dialectique où inexorablement l'un dépend de l'autre. C'est là aussi une belle différence au regard d'une seule pratique sportive où prime, jusqu'à une certaine limite, seulement la technique.

  

      Un grand bravo à notre sensei, pour son engagement, que nous remercions pour nous donner tout ce courage nécessaire pour à notre tour cheminer sur la Voie.