Dento Budo Dojo

Ne pas se battre , ne pas subir.

 

L'école des cadres 2016


 

 

 

Comme à chaque début de « rentrée » en ce mois de septembre, le Dento Budo Dojo effectue sa traditionnelle Ecole des cadres, instituée depuis de nombreuses années au sein même du CRB-IT. Les dojos de différentes régions et de différents pays se retrouvent ainsi pour partager quelques réflexions au sein même de notre école traditionnelle : le Tengu-ryu.

      Une école traditionnelle a forcément une façon de fonctionner qui lui appartient. Se retrouver plusieurs fois dans l'année pour réunir de nombreux karatékas

concevant une certaine et même conception du budo sous la houlette de O-sensei Habersetzer voit son premier rendez-vous, ici, à cette école. Nous revoir après environ trois mois est toujours une joie chez les cadres. Au-delà de la pratique du karaté, l'amitié reste très probablement l'élément central qui nous réunie, preuve du souffle des anciens maîtres qui plane au dessus et à travers nous.

 

      Cette année, la parole a été surtout donnée aux cadres et à leurs assistants pour entendre et comprendre le rapport qui s'effectue aujourd'hui dans nos sociétés entre les budokas et leur pratique, surtout chez les nouveaux qui rentrent dans notre ryu… La société change - preuve même de l'écoulement du temps - comme les comportements de ses citoyens. Nous sommes persuadés que les jeunes, comme beaucoup d'adultes, manquent aujourd'hui de repère.

stagiaires

 

Interventions de cadres avec explications puis démonstrations.

Que faut-il faire pour mobiliser la jeunesse et lui faire comprendre qu'une pratique comme la notre pourrait être motrice dans leur propre vie ? A voir cette montée de la violence actuelle, il serait non pas souhaitable mais plutôt nécessaire d'apprendre à se défendre… mais pas n'importe comment ! En responsable, pas ses paroles comme par ses gestes. Il s'agira de ce fait d'éduquer un comportement citoyen. Cela va évidemment au-delà de l'apprentissage d'une « simple » technique de combat.

      La jeunesse manifeste plutôt un certain désintérêt à la pratique des arts martiaux – les vrais… pas les produits dérivés qui se définissent comme étant un art martial – car l'effort dans la durée est de moins en moins présent chez cette jeunesse habituée à obtenir des « résultats » quasiment immédiat.

      Les constats diversement énoncés durant cette école    des    cadres    démontrent   que   si   peu   de

 

stagiaires du dento

 

Quelques stagiaires en compagnie de O-sensei
Roland Habersetzer

changements n'ont lieu dans les années à venir la chaîne de transmission des arts martiaux traditionnels risque de diminuer fortement, voire, un jour de s'interrompre. Par contre, des formes nouvelles de combat apparaîtront, mais sans… l'éthique, ô combien chère dans les Arts martiaux. Ce risque perceptible sera alors une ouverture vers une régression comportementale où quelques aspects bestiaux referont surface, comme à l'époque des gladiateurs, en ce XXIème siècle, avec nos outils modernes.


      Transmettre, partager, guider, … restera toujours chez les cadres du Tengu-ryu une préoccupation d'importance. N'est-ce pas aussi une façon d'aider au développement de la citoyenneté en amenant une réflexion dans les dojos qui envisage le rapport que nous avons avec nos altères-égo comme avec les phénomènes environnants ? Le respect a une place importante, mais également la vigilance pour ne pas

accepter pour autant tout et n'importe quoi.


      L'illustration d'une parole ne peut avoir sens que par l'acquisition de techniques de défense opérationnelles, sans fioritures et excès (une défense proportionnelle à l'attaque, ne l'oublions pas !) conjointement liée au comportement du défenseur (sa manière d'être). C'est dans cet état d'esprit que fut partagées, puis expérimentées, quelques diverses situations présentées par une « équipe » belge, puis allemande.

      L'enthousiasme, autre élément moteur de ce week-end, a toujours sa présence parmi nous, ce qui nous fortifie à vouloir revivre une nouvelle école des cadres pour continuer de partager. Mais laissons s'écouler déjà cette « saison 2016-2017 ».


Jean-Claude Bénis