Dento Budo Dojo

Ne pas se battre , ne pas subir.

 

Stage

 

de printemps

 

 

 

 

Le printemps est la saison pour qu'apparaissent de nouvelles pousses. Si l'on considère cette image, on peut affirmer par la présence de nouvelles personnes, appartenant ou non au CRB-IT, et voulant suivre l'enseignement dispensé du Tengu-no-michi, qu'il y avait belle et bien des nouvelles pousses.

Nouvelles pousses aussi, par l'utilisation d'objets du quotidien et qui peuvent servir comme moyen de renfort dans le cas d'une défense. C'est là encore une marque d'innovation, de création et qui voit une extension des kobudo (deuxième domaine de compétence au Tengu-ryu) afin de mieux répondre à la réalité d'aujourd'hui.

 

      La mise en œuvre, illustrée par des ateliers divers, nous a non seulement sensibilisé, mais surtout interpellé, questionné, sur des moyens dont on ne pense pas au premier abord. Les démonstrations ont suivi avec différents sensei et permettant pour chaque karatéka d'en garder un véritable vécu. Reste au corps d'en mémoriser les principes... et à notre intellect d'y voir un prolongement de notre pratique à main nue (kara-ho).

      Les fondamentaux de notre ryu* que sont les dix kumité kata, le kara-ho tengu-no-kata (avec ses extensions buki-ho) et le Goshi-no-kata ont été partiellement vus, ou revus... Des éclaircissements, en plus des indispensables corrections, par des kumité tombaient à point pour dégager quelques principes sous-jacents et sentir l'orientation de ce que peuvent suggérer ces katas. Sans doute difficile à percevoir pour les débutants, et c'est normal..., l'aspect mental avait une place toute particulière pour ce stage.

      Souvent, trop souvent pourrait-on avancer, les aspects techniques sont les seuls étudiés. C'est normal qu'une pratique qui passe par une gestuelle précisément codifiée puisse garder un aspect central lors de l'étude de situations de défense. N'empêche qu'on oublie fortement les aspects émotionnels.


* - Boxe chinoise, de la Grue Blanche

 

Soké Roland Habersetzer.

 

Soké Roland HABERSETZER

Est-ce le résultat même d'une pratique entre gens de bien, dans un dojo, où justement tout est simulation... puisque l'enjeu n'est pas une question de vie ou de mort ? Il apparaît que nous sommes loin de ce que peut éventuellement présenter une situation de "la rue"! Du coup, le kumité, même si il est juste techniquement, s'exécutera avec une pale réalité puisqu'occultant les véritables enjeux. Le stress par exemple, très présent dans la réalité d'un conflit, sera probablement absent au dojo. L'échauffement que subit le corps avant même d'étudier un kumité est un autre paramètre à prendre en compte... car inexistant dans une situation de la rue. Et puis, l'explosion inattendue d'une forme de violence à laquelle il faut faire face dans l'immédiat, et qui surprend, ce qui n'est pas le cas dans un dojo... où l'on étudie une forme démontrée par le sensei.

      Si le kata enferme, à condition de pouvoir le vivre ainsi..., ce psychodrame qu'il suggère, combien de karatéka l'expérimente vraiment ? Pourtant, c'est une clé ! L'exécution du kata doit permettre d'envisager, d'imaginer, des personnes autour de soi pour comprendre ses aspects émotifs. Par contre, lors d'un kumité, avec un ou plusieurs adversaires, il faudrait "oublier" ces personnes... pour ne pas se laisser submerger par des aspects émotifs qui peuvent tout simplement inhiber le mouvement, la décision...

      Sensei Roland Habersetzer a longuement expliqué et démontré avec de nombreux exemples afin que chacun d'entre nous puisse comprendre et affûter sa lame. Chaque détails, que ce soit le placement, la technique utilisée, ou le regard, le rythme... ont tous leur importance.

 

Quelques membres du Dento Budo Dojo autour de sensei Roland Habersetzer.

 

Quelques membres du Dento

Le discernement devra toutefois être toujours présent, sinon, on risque très vite de se voir dépassé par un mauvais choix et qui peut engendrer des conséquences auxquelles on n'avait pas pensé.

      Des interrogations sur notre attitude budo ne peut évidemment se résoudre d'un coup de baguette magique. Mais il est vrai, que s'interroger avant, plutôt qu'après, sur le comportement à adopter en cas de conflit, ne peut qu'être une bonne chose si il en découle un gain d'humanité. S'acharner sauvagement sur une personne dont on a stoppé la violence est forcément inadmissible. C'est pourquoi, même si le conflit manifestera sans doute un caractère violent, la réponse doit rester celle d'un être humain civilisé, responsable, pour que la sauvagerie, visible parfois avec l'actualité, puisse s'étouffer et laisser place à l'humanisme. Nous en avons tant besoin...

      L'humanisme, nous en avons à "revendre"... La preuve : la joie et la bonne humeur, ingrédients de base dans notre ryu, expriment bien l'atmosphère toujours aussi conviviale de nos stages.

      Toute bonne chose prend un jour fin. L'été approche... alors que ces nouvelles pousses puissent voir de nouveaux fruits...

 

 

 

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