Dento Budo Dojo

Ne pas se battre , ne pas subir.

 

Kan Geiko,


notre stage d'hiver 2015

 

 

Un stage d’hiver en Alsace sans neige, mais ça, on commence à l’accepter avec ce réchauffement planétaire. Même si nous étions à moins de deux semaines de Noël ! Car cette année ce stage n’eut pas lieu comme les années précédentes, en novembre…

       L’introduction de ce stage ne pouvait pas échapper, vous vous en doutez bien, aux évènements terribles qui ont marqué l’esprit des français en premier lieu, comme ceux des autres nations qui respirent une certaine conception de la vie.

       Lorsqu’on assiste à de tels comportements déviants on ne peut qu’être choqué par ces personnes qui ne respectent pas la vie. Et c’est peu dire. Peut-on véritablement parler d’êtres humains lorsqu’on arrive à ce stade ? Celui qui suit la Voie Tengu, initiée par O-sensei Roland Habersetzer, ne peut rester insensible devant ces horreurs. Nous, pratiquants d’arts martiaux, avons une réflexion qui porte sur la violence et ses modes opératoires. Et justement, comme il a été dit à plusieurs reprises dans les médias, la vigilance – zanshin – doit surgir en chacun de nous d’une manière constante mais sans pour autant sombrer dans la paranoïa. C’est tout simplement maintenir un esprit en éveil, où les sens fonctionnent pleinement. Savoir voir, savoir écouter… pour savoir anticiper.

       Comme à l’habitude, de nombreuses situations ont été démontrées par sensei et ses experts pour éduquer ce comportement de vigilance. Dans une situation où l’on devra agir d’une manière spontanée, il




Sensei... toujours en bonne compagnie.

 


Alex Hauwaert, Jacques Faieff et Roland Habersetzer
en démonstration.




Sensei... toujours en bonne compagnie.

 

La tsuba... la garde.

La libellule... la liberté...

Sensei... toujours en bonne compagnie.

Ci-dessus Sylvain Fily démontrant un kumité
en respectant la philosophie du ryu.

ne s’agira pas à ce moment, précisément, de se poser des questions mais bien d’être dans le cœur de l’action avec tout le discernement que cela doit avoir. Savoir mettre ses sentiments de côté, ne pas se laisser submergé par ses émotions, mais agir, froidement. C’est tout simplement le fruit de l’entraînement. Ce n’est pas non plus une transformation d’un être humain en un robot, vide d’émotions ! Face à la violence celui qui se met à penser durant l’action sera perdu… car le déferlement de l’action s’écoule pour détruire. Alors, avec les moyens dont nous disposons, il faudra faire face, ou pas si c’est plus fort que nous, ce qui n’est pas impossible.

 

      C’est donc dans une ambiance spéciale que nous avons fait ce stage, mais toujours avec autant d’enthousiasme, la preuve… le nombre de karatékas présents. Et ce, même de Russie avec Evguéni et son

groupe. Le contexte ne nous a pas permis de travailler comme d’habitude avec les armes du kobudo – sai, bo, tonfa, etc – mais avec quelques substituts dont nous garderons le secrets, évidemment ! Savoir s’adapter restera toujours une idée centrale sur la Voie Tengu, car la société change, et du coup les réponses doivent également s’accorder à cette nouvelle réalité. C’est ça une pratique moderne, même si celle-ci repose sur une culture technique ancienne pour ces racines.

 

      Au-delà de la technique, forger un mental fort reste une préoccupation majeure nécessaire dans une situation de combat. La technique… au fond, peu importe, du moment que ça marche, mais c’est surtout dans quel état d’esprit on la pratique. Se protéger, protéger les autres, bref, respecter la vie, car il s’agit bien de ça. Rappelez-vous également de l’histoire du sabre de vie et du sabre de mort… A méditer !

Sensei... toujours en bonne compagnie.

 

Quelques membres du Dento Budo Dojo
autour du fondateur du ryu, Roland Habersetzer
et de leur sensei.

      Au Dento Budo Dojo, souvent, nous parlons de cette notion du non–attachement. Dans une situation de combat, il s’agira de la vivre. D’ailleurs, la pratique du kata l’enseigne par essence. C’est un pilier central dans notre pratique. Tout ça pour dire, que l’esprit ne doit pas rester fixé lors d’une action, comme du résultat de celle-ci. Mais plus loin, se détacher également de ces évènements pour continuer de vivre… mais sans doute autrement.

      Dans nos dojos, nous aurons cette préoccupation d’éduquer ce comportement martial, qui, et c’est un paradoxe au regard des non-pratiquants, ne veut pas la guerre mais veut la stopper, en montrant qu’il y a une autre voie que celle qui consiste à vouloir détruire. Même si aujourd’hui le contexte est préoccupant face à cette montée de violence, il ne faudra pas descendre la garde, mais bien au contraire, rester très vigilant pour améliorer le discernement afin d’agir en son âme et conscience pour une meilleure qualité de vie.