Dento Budo Dojo

Ne pas se battre , ne pas subir.

 

 

 

 

Le Tai Chi Chuan s'invite
à la médiathèque de Chatenois

 

avec la collaboration

 

de Jean-Claude Bénis

      

La médiathèque de Châtenois, très active avec la forte implication de ses bénévoles, a cette année orienté la culture autour du Japon. Le nom même de notre association - Dento Budo Dojo - n'offre aucune ambiguité sur son origine japonaise, mais Jean-Claude BENIS, instructeur dans cette association, fut surpris lorsqu'on lui a demandé pour une conférence sur le tai chi chuan... venant de Chine !

       Mais finalement, pourquoi pas... puisque notre pratique provient du maître chinois Yang Ming Shi et qui a "exporté" la forme des 24 mouvements du style Yang au Japon. C'est avec la collaboration de sensei Tadahiko OHTSUKA du Gojukensha de Tokyo puis de sensei Roland HABERSETZER que l'enseignement du Tai Chi Chuan est venu dans la pratique de Jean-Claude Bénis... et commencé en 1986 ! Plus de 25 ans déjà...

      Françoise Ernst, pratiquante elle-même de Tai Chi Chuan, fut à l'origine de cette idée. Sa gentillesse, et l'idée même qu'elle avait de l'orientation que pouvait avoir cette conférence, a finalement eu raison pour convaincre Jean-Claude Bénis d'intervenir.

      Exercice de "style" pas facile surtout lorsque celui-ci correspondait à une première ! Un véritable défit...

      La présentation de la pratique du Tai Chi Chuan peut prendre plusieurs formes. Dans un premier temps, pour éclaircir le public, son origine historique -obscure par des thèses qui diffèrent encore par les historiens et spécialistes chinois eux-mêmes et laissant au fond encore à ce jour un brin de mystère- fut présentée. On parle du Tai Chi Chuan comme étant une école interne -neijia, et pourtant l'influence (peut-être même l'origine ?) des styles externes -waijia- notamment la boxe du -Shaolin- ont leurs mots à dire.

 

Jean Claude Bénis

 

Jean-Claude BENIS face à son public lors de la conférence sur le thème du Tai Chi Chuan, discipline enseignée avec le karaté au sein du Dento Budo Dojo.

      Sa pratique très ancienne a incontestablement une origine martiale. Et pourtant le tai chi chuan en occident est rarement vu, pour ne pas dire occulté, sous l'aspect d'une boxe. Le style Chen qui a fortement gardé cet aspect n'a pu faire face au style Yang qui a lui développé la pratique orientant celle-ci comme une gymnastique faite pour une meilleure santé. On ne peut là aussi nier cette vérité ! Qui pourrait prétendre que la pratique du tai chi chuan fait du mal... quand on sait que les médecins occidentaux préconisent à certain patient cette "gymnastique douce"... Preuve une fois de plus d'une certaine méconnaissance. Mais on ne leur en voudra pas... tellement la compréhension laisse une saveur hermétique, et donc difficile à appréhender par un seul esprit cartésien. Pour comprendre le Tai Chi Chuan, il faut aussi s'intéresser à la culture chinoise qui possède un système de pensé différent du notre.

      Comprendre le tai chi chuan c'est aussi s'intéresser, pour ne pas dire rentrer, dans la connaissance de l'univers (macrocosme) à travers le taoïsme - sans pour autant devenir taoïste ! - et ainsi pénétrer dans la compréhension de l'Homme (microcosme).

      On perçoit davantage alors que cette pratique est une voie de l'homme... Et encore une fois de plus, loin de la compétition qui malheureusement voit jour à notre époque... La preuve parfaite que l'essence même de cette pratique est en train de se perdre. Reflet que la profondeur n'intéresse plus -ou peu de- personne.

      Le Tai Ji ... cette mise en mouvement provenant du Wu Ji qui a donné le Yin et le Yang intéresse qui aujourd'hui ? Le vide, la vacuité... ne rapporte économiquement RIEN ! Très peu conciliable avec notre mode de vie.

      Le tai chi chuan n'est pas seul dans les arts internes. Le Xing Yi Chuan et le Ba Gua Zhang ont été également présentés succinctement afin de mieux comprendre la place de chacun. L'orientation moderne fut également abordée, avec ces dérives qui s'amplifient à un tel point qu'un avenir proche sera semé d'une confusion obligatoire sur la définition même du Tai Chi Chuan, à l'image de la définition des arts martiaux... qui ne sont que rarement aujourd'hui des arts martiaux ! Il sera difficile de savoir à qui se référer. La standardisation imposée par les chinois comme seule référence juste laisse un goût amer pour une pratique qui doit au contraire offrir une création intérieure... Mais c'est bien là la marque d'une autre époque, preuve que la compréhension profonde n'est plus d'actualité, et risque de rester endormie pour très longtemps...

      L'effet des Jeux Olympiques à sans doute contribué, par sa publicité visible lors de certains spots à la télévision, au développement de la pratique du Tai Chi Chuan. Ce n'est pas un mal en soi. Mais attention à ce qui pourrait être perçu comme un nouveau produit exotique, et dont certains seront très bien s'en servir pour faire tout et n'importe quoi avec, et tellement éloigné de ce que doit procurer cette pratique.

      Une mise en garde doit rester présente face à des discours fumeux et dont les gourous savent savamment se servir dans une période de crise comme nous vivons aujourd'hui.

      Pour conclure, la pratique du Tai Chi Chuan reste avant tout un art martial, bien concret, où les pieds doivent rester sur Terre... accompagnée du plaisir d'approfondir toujours plus la connaissance interne de ce que nous sommes.

      Après quelques mots de remerciement auprès du public, Jean-Claude Bénis a profité de remercier publiquement son maître, Roland HABERSETZER, dans le domaine des arts martiaux, a qui il doit énormément pour sa compréhension qui dépasse aujourd'hui celle de la seule pratique d'une gestuelle. Soulignant également qu'il était venu en Alsace pour cet enseignement qu'il n'hésite pas à véhiculer avec toujours autant de passion, sa pratique du tai chi chuan comme celle du karaté-do, et comme il le soulignait ci-bien... "Sur une pièce de monnaie, il y a deux faces : pour moi, l'une représente la pratique du tai chi, et l'autre la pratique du karaté, toutes les deux sont indissociables."

       D'ailleurs, quelques maîtres au Japon se sont mis à la pratique de ces deux arts... et bien d'autres encore.

 

Quelques membres du Dento Budo Dojo autour de sensei Roland Habersetzer.

 

Logo au sein de notre école "Tengu-ryu".