Dento Budo Dojo

Ne pas se battre , ne pas subir.

 

La transmission de demain


           dans les Arts Martiaux


 

 

 

Transmettre, c’est passer une connaissance d’une génération plus « ancienne » vers une plus jeune. C’est un lourd programme qui ne peut s’inscrire ni dans un instant, ni à une date mais seulement dans une durée, longue, très longue ; nous ne sommes pas là dans le temps du « zapping » !

 

      Dans le cadre des arts martiaux, le dojo (lieu où on étudie la Voie) restera le lieu privilégié pour la transmission. C’est ici en effet que le sensei (celui qui transmet) en montrant, en démontrant, en expliquant et en répondant, dans la mesure du possible, aux questions de ses élèves, agira le plus. A condition qu’il ait en face un « public », celui des apprenants, ses élèves. Et dans le contexte actuel nous sommes en mesure de nous poser quelques questions… avec un public qui se fait de plus en plus vieillissant… et la jeunesse qui tend à se présenter plus rarement dans les dojos.


      La pratique des arts martiaux serait-elle alors considérée comme désuète ? Certes non ! Bien au contraire. Aller vers un dojo où l’on pratique vraiment les arts martiaux, et non des formes modernes aux ___

 

contenus plus qu’interrogateur (dénuées de valeurs éducatives, spirituelles, …), c’est rencontrer bien plus qu’une « simple » technique de défense.

      La pratique des arts martiaux serait-elle alors considérée comme désuète ? Certes non ! Bien au contraire. Aller vers un dojo où l’on pratique vraiment les arts martiaux, et non des formes modernes aux contenus plus qu’interrogateur (dénuées de valeurs éducatives, spirituelles, …), c’est rencontrer bien plus qu’une « simple » technique de défense.

      On peut penser que les outils permettent d’apprendre, avec hier essentiellement les livres comme support, et aujourd’hui les vidéo. C’est évidemment un leurre que de penser cela. Même si on y trouve une aide pédagogique (si celle-ci existe…), nous sommes bien loin de la relation humaine… La relation de peau à peau entre deux _____

 

êtres humains restera irremplaçable. Sentir une ligne de force, un rythme, par exemple, ne peuvent se faire avec une vidéo ! La relation orale, directe, est forcément une nécessité pour la transmission. C’est tellement évident, et pourtant… il faut le rappeler.


      On perçoit vite que la pratique des arts martiaux est et restera de tout temps une pratique exigeante. Le temps qu’il faut y consacrer et effectivement important. Tout d’abord, celui du dojo, où l’effort physique se fait dans le partage avec différents partenaires, mais aussi chez soi, pour sa recherche personnelle, tant par le corps, avec par exemple la recherche de sensation dans le mouvement, que par la réflexion (lecture, écriture). Une pratique qui avec le temps devient une démarche… et aussi une façon de vivre.

 

      Dans une vie, inscrire quotidiennement un espace-temps pour soi, où cohabitent mouvement et réflexion, sera toujours bienfaisant pour la santé. Mais visiblement, la jeunesse n’a pas pris rendez-vous avec cet espace-temps. La faute à qui ? Réponse multidirectionnelle… les parents en premier lieu, normalement garants de la transmission de certaines valeurs, comme celui de l’effort, mais aussi, dans le cadre des arts martiaux, des instructeurs qui transmettent que ce qu’ils savent…

      Le temps du zapping chez les jeunes, mais également chez les adultes, n’aide personne à vouloir engager une pratique dans la durée, avec effort et détermination. Le « temps-technologique » qui s’accroît quotidiennement – jusqu’où ? – ne fait qu’enrichir cette nouvelle façon d’être. La pluralité des disciplines sportives (qui touche au mouvement, ___

 

mais pas forcément à la défense), avec ses effets de mode, vient diluer les effectifs… Alors que reste-t-il pour les sensei en matière de transmission ?

      Pour finir, n’oublions pas qu’un être qui meurt avec sa connaissance non transmise sera définitivement irrécupérable.

 

Jean-Claude Bénis