Dento Budo Dojo

Ne pas se battre , ne pas subir.

 

Kan Geiko, notre stage d'hiver au

" Centre de Recherche Budo

- Institut Tengu "

 


 

Nous approchons doucement du cinquantième – un demi-siècle ! – stage d’hiver au sein du CRB-IT avec O-sensei Roland HABERSETZER. Mais il faudra encore attendre l’année prochaine. Toutefois, cela n’empêche de souligner de la rareté d’une telle longévité et d’un tel engagement de transmettre l’art de la main vide à l’occasion d’un stage au même rendez-vous annuel.

       Kan Geiko était aussi l’occasion de voir pour la première fois la nouvelle « Encyclopédie des Arts Martiaux » (éd. Amphora) et « Amakusa Shiro, samourai de Dieu » (éd. Amalthée), les deux derniers bébés du sensei. Encore une fois, les écrits cohabitaient avec les paroles du sensei durant ces nombreuses démonstrations… et parlons-en !

       « Sanmai », le thème du stage, qui fait référence à trois couches d’une lame de katana. « San », qui veut dire trois, et « mai » qui en japonais exprime quelque chose de fin, comme une feuille de papier par exemple lorsqu’on est amené à compter. Mais ce qui était surtout exprimé lors du stage rejoignait un concept également véhiculé dans le shorin ryu de feu Yuchoku HIGA où l’on met l’accentuation de la souplesse à l’intérieur du corps, alors que la dureté se traduira sur la périphérie, voire à l’extrémité lorsqu’il s’agira d’une technique de poing


Sensei... toujours en bonne compagnie.

Deux sensei venant de la même source... du Gembukan de feu O-sensei Tsuneyoshi OGURA en kamae pour une démonstration. Fruit d'une longue amitié, tellement rare aujourd'hui.

par exemple. Souvent, durant un mouvement, le karatéka prime sur la seule contraction musculaire ce qui se traduit par une perte de vitesse. La décontraction, comme la contraction, n’est pas à négliger. Il s’agira donc de bien maîtriser ces phases durant le mouvement pour rendre optimale l’efficacité de celui-ci. C’est une véritable étude à mener sur soi. Libre à chacun la construction qui s’en suivra…

 

      Nous avions durant ce stage l’impression de vivre une certaine intemporalité du karaté. Le kata Happoren, pour se rapprocher de la source chinoise, « loin » dans le passé, puis du kata Sochin du style shotokan, plus moderne et enfin des kumité du « présent » avec notamment des extraits du Goshin-no-kata, une création de Shihan Habersetzer qui véhicule des concepts modernes en matière de défense, en attestent. Ne jamais oublié d’où on vient, ___

avec les racines, pour anticiper une pratique qui pourra répondre, dans certains cas de figure (tout n’étant pas envisageable…), à un futur proche. Le monde évolue tellement vite qu’une pratique martiale doit évoluer avec, sans pour autant jeter les anciennes formes qui ont tellement encore à nous apprendre. Mais au-delà de la technique, l’état d’esprit envisagé restera primordial, central, pour une réelle efficacité. Sans discernement il sera difficile de stopper la lance…

 

      Ce stage avait encore une fois un contenu dense. Mais nous le savons bien… avec le sensei, il y a de la matière… et de l’esprit ! C’est aussi pour ça que nous revenons et en redemandons… Pour cheminer, il faut emmagasiner, intégrer, et digérer pour percer, peut-être, un jour, ce mystère, si profond, et pourtant présent en chacun de nous, l’éveil. Ne l’oublions pas, ___


 

Sensei... toujours en bonne compagnie.

O-sensei en démonstration avec Evgueni.

notre pratique a aussi cet objectif. C’est juste un rappel, au cas où… cela fait partie de la Voie.

 

 

Jean-Claude Bénis

 

 

 

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