Dento Budo Dojo

Ne pas se battre , ne pas subir.

 

Éditorial

L’échec face à ce qui nous entoure aujourd’hui... réponse relative et personnelle.

Les sentiments qui émergent en nous sont la plupart du temps remplis de confusion, laissant un paysage où le brouillard marque une véritable présence, contrairement à la clarté, trop souvent absente par manque de discernement. Cela se traduit par une déformation, liée à une mauvaise interprétation, de ce qui pourrait être perçue comme essentielle, fondamentale, voire à l’extrême vitale.

      Lorsqu’on regarde l’actualité sur le plan collectif, on perçoit rapidement que l’avenir qui se dessine devant nous laisse entrevoir quelque chose de difficilement définissable, mais néanmoins de sombre pour l’humanité. Pour preuve, les désordres dans le Nord-Afrique et le Moyen Orient qui manifestent une volonté de tendre vers la démocratie (ou une forme qui reste à définir mais qui s’en rapprochera). A l’exemple précédent, résultat d’un désordre culturel, peut se rajouter un désordre naturel, celui de tremblements de terre, au Japon, (et plus récemment dans la région de la Birmanie et de la Thaïlande) avec les conséquences que l’on connaît, celui d’un tsunami engendrant ensuite une catastrophe sanitaire.

      Sur ce paysage actuel il est clair que l’humanité prend une mauvaise direction. Mais ce ne sera pas la première fois… L’Histoire nous l’a déjà montrée, mais apparemment nous ne comprenons pas les leçons qu’il faut en retirer...

      Si nous nous plaçons sur le plan collectif, nous percevons la gravité de ce que cela peut engendrer, pour soi, pour nos proches, pour nos nations, pour l’humanité mais aussi toutes les espèces qui règnent sur notre planète.

      A y regarder de plus près, les désordres à venir seront multiples, notamment sur le plan économique… qui peuvent se traduire par de nouvelles tensions sociales.

      Alors, dans ce contexte pas très réjouissant, il faut faire le tri sur ce qui doit être prioritaire pour la bonne santé de chacun. Vous comprenez alors qu’une pratique d’un art martial comme le nôtre, et je parle bien d’art, pas de tout ce qu’on veut faire passer comme étant un art… nuance, et pas des moindres ! restera essentiel pour recentrer les hommes et les femmes de demain sur des fondations solides où les matériaux sont de véritables valeurs éducatives. Cette pratique s’inscrit dans un mode de vie, où seule l’implication avec constance peut avoir des effets porteurs d’une évolution enrichissante et positive. C’est aussi accroître son sens de la responsabilité, avec droiture, comme le tatsujin (l’homme droit).

      Au fond, les maux qui nous entourent aujourd’hui pourraient se mettre sur une échelle de Richter ! La mort d’un proche, sans doute au plus haut sur celle-ci. La connaissance d’un cancer qui se développe peut également se placer assez haut sur cette échelle. Un accident engendrant un handicap également.

      Et … l’échec lors d’un passage de grade ? Où peut-on mettre cela sur cette échelle ? Difficile d’y répondre, car cela touche au tempérament de chacun. Cela donne des réactions différentes, mais révélatrices de l’Ego… C’est de toute façon et aucunement à mettre au même niveau que les premiers exemples cités, car il n’y a rien de vital. Seul l’orgueil de chacun réagit, avec plus ou moins de tempérance… ou d’impétuosité !

      Une chose certaine… c’est que l’échec engendrera une révélation, mais pas toujours celle qu’on aimerait vivre. Il faut être respectueux devant cette manifestation qui au fond nous fait progresser sur la Voie. Dès lors, de nouvelles questions apparaissent, souvent peintes de doutes, d’incertitudes sur le chemin entrepris, et touchant aussi bien au moyen (la technique employée dans un art) qu’à l’esprit du pratiquant (révélateur d’éléments spirituels).

      Finalement, l’échec menant à un grade supérieur (touchant l’individu) est somme toute bien relative aux échecs cités précédemment (touchant l’humanité, totalement, avec le nucléaire, ou partiellement, avec les  guerres  civiles).  Mais la compréhension de notre

pratique des arts martiaux s’effectue sur un chemin sinueux, parfois contenant des embuscades, mais qui, si elle est bien construite, assimilée, doit nous permettre de toujours nous conduire vers le sommet de la montagne, en nous relevant même après une chute… qui doit rester passagère sur ce parcours, mais qui au bout doit nous faire percevoir une connaissance plus profonde de la Vie avec ses valeurs qui lui sont intrinsèquement rattachées.

      A tous ceux qui tombent, relevez-vous et continuez d’avancer, avec confiance...

 

Jean-Claude Bénis