Dento Budo Dojo

Ne pas se battre , ne pas subir.

 

Le Gembukan

...au Dento Budo Dojo...

 

Avec la venue de Sensei Pierre Portocarrero et Sensei Roland Habersetzer dans notre dojo. Vous imaginez notre enthousiasme !

    Quand on sait que Sensei Habersetzer est le premier disciple étranger de O-sensei Tsuneyoshi Ogura et dont il a reçu le titre de Shihan (maître d’armes), et quand on sait, qu’après concertation auprès de ce premier, Sensei Portocarrero est le représentant en France, où plutôt en Europe, du Gembukan, dojo de O-sensei Ogura, on ne peut qu’éprouver une joie intense, pour soi, mais surtout pour tous les membres du Dento Budo Dojo qui pratiquent le karaté avec cet état d’esprit que O-sensei nous a légué à travers ses disciples…

888Sensei Portocarrero, après quelques rencontres successives au cours de stages au sein même du Tengu-ryu , et moi-même, avions ensemble décidé d’une intervention de sa part dans notre dojo à Sélestat. Un véritable honneur, car venu spécialement de Paris pour cette occasion ! (Après un « loupé » non voulu… nous resterons dans le secret des circonstances.)

      L’enseignement fut orienté autour du Fukyu kata nidan, selon l’enseignement du Gembukan, avec de nombreuses applications. Celles-ci, directes, ou subtiles par les dérivations empruntées d’autres kata, comme Seienchin par exemple, nous a permis de voir que si le Fukyu kata a une apparence simple, que ce soit d’un point de vue technique, comme de l’orientation spatiale (embusen), il enferme a lui seul de véritables clés de compréhension de l’art… C’est justement dans la simplicité que se cache la subtilité… à condition de bien vouloir exécuter un travail de fond pour comprendre.

La généalogie suivant la lignée de O-sensei Tsuneyoshi OGURA, du Gembukan - Japon

Shihan Pierre Portocarrero,
représentant du Gembukan en France,
sous l’appellation Gembukan Tôde Ryû

 

Soke Roland Habersetzer,
fondateur du Tengu-no-michi

Hanshi Hisanori Ogura,
directeur du Gembukan au Japon

      J’avais pour cette occasion « préparé » mes élèves avec ce même kata… mais par certains aspects celui-ci différait de celui de Sensei Portocarrero, car le kata que m’avait enseigné Hisanori Ogura, fils et Hanshi du Gembukan au Japon, a pour source le Goju-ryu de Meitoku Yagi, un style okinawaien. Heureusement, ces différences sont mineures. Mais c’est de toute façon toujours intéressant de voir les variations entre les différentes formes pour enrichir sa pratique. Le plus intéressant étant de goûter à la profondeur des lignes de forces à mettre en place, ce qui pour des pratiquants qui ont pour base le Shotokan, n’est pas toujours chose aisée. Mais évoluer, c’est aussi se confronter à de nouvelles sensations pour ne pas rester sur une position qui pourrait à long terme se solidifier à telle point que notre cerveau lui-même pourrait se transformer en un véritable caillou !


      Rappelons-nous : ADEM… Appréciation, Décision, Engagement  et  Mobilité, acronyme  faisant partie du

Tengu-ryu ! Au dojo, à Sélestat, l’appréciation consiste à faire le tri de ce qui est « bon » ou « mauvais » pour notre pratique ! La décision est justement d’aller, ou non, dans d’autres directions pour enrichir sa pratique de l’art. L’engagement résultera d’une décision active, par ses faits et gestes, mais sans oublier la parole qui doit toujours accompagner pour expliquer, un principe de base dans la pédagogie… Et enfin la mobilité qui se traduit au dojo par les kumité, où l’espace s’ouvre à divers styles de karaté. Pour nous, qui avons une base Shotokan, il est évident que s’ouvrir au Goju-ryu devient un apport considérable. Sans oublier également les principes techniques, plus loin, énergétiques, qui proviennent du Shorin-ryu, complétant tous ces apports, déjà riches, pour vivre une liberté plus grande dans une situation de défense. Ne pas être prisonnier de la technique, mais seulement s’en servir pour ses fins… qui ne sont pas exclusivement orientées à la défense. C’est un long chemin que de vouloir construire le corps…  avec l’état

d’esprit qui doit correspondre et faire écho à l’environnement de moins en moins - faut-il le dire ? - pacifique.


      Les karatékas furent comblés, d’autant plus que Sensei Habersetzer apportaient ponctuellement quelques précisions afin d’éclaircir des concepts du Tengu-no-michi au travers des explications et des démonstrations de Sensei Pierre Portocarrero.


      C’était pour nous une première… mais nous souhaitons tous que ce ne soit une dernière… vous l’imaginez bien !

      On ne peut que remercier les deux Sensei de leur gentillesse et du temps qu’ils ont bien voulu nous consacrer… pour nous pousser, toujours plus loin, dans notre pratique et la réflexion qui s’y rattache et qui va bien au-delà du simple « vouloir bouger son corps »…

      Pour des renseignements supplémentaires sur la pratique du Gembukan, dirigée par Pierre Portocarrero, on peut toujours consulter le site pour avoir de plus amples informations.

 

Mars 2011

 

Jean-Claude Bénis