Dento Budo Dojo

Ne pas se battre , ne pas subir.

 

Editorial de fin d'année



La fin de l’année 2011 approche. A regarder l’état du monde, il est difficile d’y voir une année où « tout le monde est gentil » ! Aux catastrophes naturelles, se sont rajoutées celles causées par les hommes, légitimes ou non (tout dépend dans quel camp se place-t-on ?), et qui se traduisent par des blessés ou des tués. On aurait bien voulu voir une année avec davantage de joie, d’enthousiasme, de chaleur, entre les hommes et les femmes. Mais malheureusement, soulèvements sur soulèvements ont fait jour. Sans vouloir tomber dans le catastrophisme, on peut aisément comprendre que ce mouvement est loin d’être terminé…

      Il est grand temps que l’homme de demain, s’il veut un avenir plus ensoleillé pour ses descendants,… change de direction. Ce n’est évidemment pas dans la destruction qu’on arrivera à établir un univers paisible, rempli de confiance. Bien au contraire, c’est plutôt laisser s’installer des peurs, du stress, des tensions, en soi comme avec les autres. De quoi, au fond, rendre les gens de plus en plus fou dans ce climat où la violence, verbale comme physique, grandit inexorablement. Alors comment faire pour contre balancer cette tendance qui nous amène tout doucement vers un éventuel, et non souhaité, chaos ?

      On le sait, c’est toujours de la faute des autres, jamais de soi. Et pourtant, si chacun d’entre nous commençait à s’occuper de soi, sans pour autant que cela nuise à ce qui n’est pas soi – ce que visiblement un dictateur ne peut comprendre  – ce serait un grand

pas, car tout comportement qui tendrait à vouloir s’améliorer permettrait une relation plus authentique avec son environnement.

      La force de la pratique d’un art martial – pas d’une pratique sportive, je le précise ! – aide avec raison à comprendre une chose essentielle : c’est la construction d’un être plus évolué qui est visée. A savoir, l’humain quittant (sans jamais la quitter en sa totalité car faisant partie même de sa nature) petit à petit son animalité pour se rapprocher de l’Homme. Celui qui tend la main avec douceur plutôt que celui qui frappe du poing !

      Le chemin est encore long pour que l’humanité dans sa totalité puisse comprendre que seul le salut pourra se faire qu’avec une autre attitude que celle que   nous  connaissons  aujourd’hui.  Cela  demande,

pour celles et ceux qui l’ont compris, à passer du temps avec ceux qui n’ont pas compris, en expliquant qu’il existe une autre façon de faire. Il en est, à ce niveau, de la responsabilité de chacun, en opérant juste autour de soi. Mais, dans nos sociétés dites modernes… il est aussi évident qu’on assiste à un étrange phénomène… celui de perdre son temps à travers des choses complètement secondaires. Aurions-nous perdu une certaine vigilance qui de ce fait nous fait croire à des priorités qui en réalité n’en sont pas ? C’est possible.

      Les pratiques visant au bien-être fleurissent de jours en jours. Cela traduit bien une véritable demande, miroir du mal-être. Les gens sont prêts à dépenser parfois beaucoup d’argent même pour un moment de courte durée, pour cet espace-temps où le tumulte du quotidien est mis entre parenthèse. Mais la

réalité réapparaît tout de suite ! Inutile de vouloir fuir, c’est bien notre monde. La seule façon de pouvoir mieux comprendre cette réalité, c’est sans doute en changeant son propre regard sur celle-ci. Cela demande, on l’a bien compris, une démarche intérieure qui aura pour conséquence quelques changements dans nos habitudes, mais aussi dans nos certitudes.

      On ne pourra jamais assez insister sur le fait que la pratique d’un art martial authentique, comme nous proposons dans notre association, aide à juste titre à améliorer ses ordres de priorité dans une vie humaine. C’est aussi, reconnaître, ou réapprendre quelques valeurs précieuses, voire sacrées… souvent oubliées, et qui laissent un certain vide.

 

Jean-Claude Bénis