Dento Budo Dojo

Ne pas se battre , ne pas subir.

 

Éditorial de septembre 2010

La rentrée au Dento Budo Dojo



Il y a eu une année d'écoulée, déjà, avec un regard, si vous vous en rappelez, assez pessimiste sur l'environnement, dans sa globalité. Par exemple, l'économie qui reste encore fragile : la reprise n'est pas encore vraiment là! Des catastrophes naturelles, comme sont apparues cet été avec les inondations en Asie, ou les feux en Russie. Antérieurement, les fumées du volcan islandais Eyjafjöll venant fragiliser les économies liées au transport aérien. On peut agrandir la liste noire de ces évènements de l'année... mais à quoi bon! Une chose quand même est aujourd'hui visible, de plus en plus car fortement médiatisées... les agressions, sous

de nombreuses formes et de plus en plus violentes. J'en viens... car vous comprenez qu'une détérioration du contexte économique ne pourra que favoriser des comportements de moins en moins civiques. Nous ne sommes pas, et heureusement, à un moment de survie... mais pour une partie de la population, cela peut devenir le cas : à force d'être mis sur le banc de touche de la société, il y a de quoi "péter une pile" (ça se dit de plus en plus...).

      Alors quoi faire face à ces moments douloureux, dans l'immédiat ? ... et pour préparer l'avenir ?

      Cela dépend de notre situation : à chacun, donc, sa (ses) réponse(s)... avec ses propres moyens. Il s'agira de se prendre en charge et d'élaborer quelques stratégies, diverses, pour avoir plus de chance de réussir et de s'en sortir dans ce monde de plus en plus difficile à comprendre. Les tenants des cartes ne sont évidemment pas les citoyens Lambda...

peut-être pas non plus les politiques, contrairement à ce qu'on croit souvent... Les véritables manipulateurs font parties de la Finance (quelques écrits commencent à dénoncer de la véritable place du "pouvoir").

 

      Si je parle de cela, même d'une façon très brève, c'est juste pour comprendre une chose : la réaction que nous pouvons avoir face à de telles manipulations où parfois des familles seront brisées à cause de cette mauvaise ambiance relationnelle. En tout premier, la simple relation avec soi-même. Dans des moments difficiles, il s'agira de faire face à des questions qui nous mineront peut-être l'esprit... sources de stress, sans doute. Puis, la relation avec les autres qui aura, ou n'aura pas, un écho, grâce à une véritable écoute pour peut-être trouver des solutions afin de construire un "mieux-vivre".

      La pratique que nous avons dans notre association, que ce soit celle du Karaté ou du Tai Chi Chuan, auront toutes deux une certaine résonnance, essentielle pour poser la première pierre à l'édifice que nous voulons construire : celui d'un être bien équilibré, sachant discerner ce qui est essentiel de ce qui ne l'est pas pour accroître ce bien-être, tant voulu. C'est un retour vers soi. Et tant pis si beaucoup de choses vont mal autour de soi... (d'un point de vue économique, et non humain bien sûr!) mais d'abord bien s'occuper de soi, pour aider ensuite autour de soi. Seul un être bien dans sa peau peut apporter une véritable aide à autrui.

 

      La pratique du Karaté comme celle du Tai Chi Chuan apportent quelques réponses a de nombreuses questions, car c'est aussi un "outil" d'accompagnement de la vie. Il en découle un regard

différent, sur soi, sur les autres, sur les évènements, sur les choses... construisant une philosophie de la vie que chacun s'approprie avec le temps. Celle-ci sera évolutive... la nature des questions étant elles aussi changeantes...

 

      Je signe et persiste encore une fois de plus, et je sais que je ne m'arrêterai pas de défendre les pratiques que j'enseigne tant elles sont bénéfiques, vraiment. La chose la plus difficile est de commencer. Mais lorsque ce premier pas est franchi, un univers nouveau s'ouvre devant soi... et en soi, plus tard. Lorsque j'ai commencé, il y a maintenant vingt-cinq années, j'ai vite compris que pratiquer un art martial, que ce soit du karaté ou du tai chi chuan, présentait une autre dimension que celle de la simple prouesse technique. L'art martial n'est vraiment pas un sport... et pourtant majoritairement, pour ne pas dire exclusi-

vement, considéré comme tel ! Quelques personnes, souvent d'un âge avancé, le perçoivent maintenant... mais l'inertie du mouvement, mal engagé, sera très difficile à faire comprendre aux nouvelles générations : on leur a menti sur ce qu'est une pratique martiale. La faute à qui ? Difficile à voir... Seul, un évènement grave (qui n'est pas souhaitable!) peut recadrer l'orientation de la pratique des arts martiaux... où les anciens parlaient de réaliser un éveil intérieur... qui n'est d'ailleurs pas propre à la seule discipline des arts martiaux. Mais le savons-nous encore aujourd'hui ?

      Dans cette atmosphère de plus en plus sombre, sachez qu'il existe encore des lieux où une lueur peut devenir lumière pour ceux d'entre vous qui souhaitent cheminer... Le dojo est un lieu pour cela.

 

Jean-Claude Bénis