Dento Budo Dojo

Ne pas se battre , ne pas subir.

 

Editorial

de juin 2009

 

 

L’été est devant nous à l’heure de l’écriture de cet éditorial. Nous arrivons ainsi à " la fin de la saison " ! N’est-ce pas la formule employée lorsqu’on suit les rythmes scolaires ? Pourtant, nous ne sommes qu’à la moitié de l’année ! Et en terme de pratique d’un art, que ce soit le Tai Chi Chuan, le Qi Gong, le Tengu-ryu Karaté-do, ou bien d’autres encore, cela n’a évidemment aucun sens de parler de saison. On comprend qu’une pratique n’a de sens que si celle-ci s’inscrit dans une continuité, où les " vacances " n’ont pas de place, car faisant partie de nous. C’est tout simplement, une pratique " vivante "… par ses mouvements, ses réflexions, ses rencontres, etc. Mais il est vrai aussi

qu’il peut y avoir des rythmes différents sur une année et qui n’excluent quelques moments de "break" pour mieux se retrouver ensuite. Une pratique n’est pas quelque chose qui doit enfermer le pratiquant, non plus le fermer à ce qui est en dehors de celle-ci, mais au contraire l’ouvrir. Ouvrir afin de mieux appréhender, de mieux considérer nos questionnements face à soi et aux autres, pour mieux vivre.

      Aujourd’hui, la crise étant présente un peu partout (peu de secteurs économiques sont malheureusement épargnés…), des tensions sociales apparaissent. Cela est traduit par une montée de violence chez de nombreuses personnes. Tant avec soi (où le stress grandit par le fait même d’être, ou d’avoir peur d’être, au chômage par exemple), qu’avec les autres ; sa propre famille, ses amis, ses collègues, etc. Alors cela ne peut qu’interpeller un budoka (*).



(*) - Pratiquant d'un budo.

      Que peut-on faire face à cette violence qui peut avoir plusieurs formes ? La réponse est loin d’être simple. Elle sera d’ailleurs différente si on se place du côté de la prévention. La présence d’une pratique (martiale, ou pas) individuelle, et appropriée à la personnalité de l’initiateur de cette prise en charge, fera sans doute écho dans ces moments de crises. Je pense qu’effectivement une pratique comme nous proposons au sein même de notre association est une façon de reconsidérer quelques éléments essentiels dans la vie d’un être humain. Se recentrer, se retrouver, est sans doute la chose la plus importante qui dans un autre temps, une autre époque, étaient bien présents. Le mode de vie que nous propose la société nous sollicite beaucoup. A tel point que nous devenons des pions bougés par d’autres… et nous dans l’histoire, que décidons-nous vraiment pour nous ? Avons-nous gardé quelque part un espace juste pour soi, en dehors des autres ? Percevoir cela est simplement reconsidérer l’être que nous sommes. Pratiquer un art martial peut alors être une solution pour justement s’intéresser à soi avec le questionne-

ment qui l’accompagnera le long de ce cheminement intérieur. Souvent, nous nous arrêtons à ce que nous voyons… et c’est déjà en soi une erreur. N’oublions pas que nous avons la faculté d’interpréter, avec notre grille qui déforme la réalité. L’être humain est excellent dans ce domaine. Et si justement l’art martial était bien autre chose qu’une gesticulation d’apparence sauvage ? Qui peut se dire qu’au fond cela peut être autre chose que cette simple apparence que je perçois ? Peut-être vous… si vous voulez essayer, en laissant au vestiaire vos idées préconçues et trop souvent véhiculées par des pratiques déformées et malheureusement majoritaires aujourd’hui. Car ce qui fait de l’art martial un art touche évidemment à l’élévation de l’être que nous sommes. N’oublions pas que l’humain quitte l’animal pour devenir homme, ou femme. Mais cela demande quelques efforts pour justement arriver à pacifier un esprit, un comportement, qui lorsqu’il retrouve son côté animal peut revenir très vite à l’animalité.

      Au Dento Budo Dojo, dans nos pratiques, nous étudions, toujours plus, pour peut-être toucher quelque chose en soi et qui doit vous accompagner à mieux être au quotidien. " Connais-toi toi-même, et tu connaîtras les autres " est à l’image de notre pratique. C’est en passant par le corps, avec le mouvement accompagné de ses rythmes, de ses émotions, qu’on vise à mieux comprendre ce que nous sommes dans notre profondeur.

 

Le président : Jean Claude Bénis