Dento Budo Dojo

Ne pas se battre , ne pas subir.

 

Editorial

de septembre 2008

 

L'été dernier a vu les média se tourner vers l'est, avec les Jeux Olympiques se déroulant en Chine. Je me suis intéressé à toutes les disciplines mais j'ai accentué mon attention sur les "arts martiaux", si on peut encore appeler cela comme ça, et j'ai eu des surprises... Bien sûr, à ce "niveau" là, la forme physique est bien présente, mais qu'en est-il de la force morale lorsqu'on voit des pleurs suite à une déception ? Cela m'a interrogé. Un rang sur un podium, une médaille "ratée" n'est rien à côté de sa propre vie, car dans l'art martial, seul l'enjeu est celui de préserver sa vie...


      On peut se demander comment ressortent les personnes qui ont vécu cette déception durant la compétition. Cela doit laisser des traces, parfois longues à guérir... mais où est alors l'aspect éducatif de la pratique de l'Art martial, cette partie qui construit l'être humain, physiquement, le maintenant ainsi en bonne santé, mais aussi psychologiquement, en faisant en sorte qu'il se sente bien avec lui-même avec un esprit lucide face aux réels enjeux. Dans le tækwondo, une forme de karaté pratiquée initialement en Corée, on a pu également voir que seules les techniques de jambes étaient présentes dans la compétition. Cette pratique est évidemment réductrice car le tækwondo offre beaucoup plus que cela dans sa technique, et heureusement. L'erreur ici est justement de faire croire au public que le tækwondo, c'est ce qu'on nous


montre à travers les médias, et que si vous ne savez pas donner des coups de pieds, vous ne pouvez pas pratiquer. En d'autres termes, le jour où vous ne pouvez plus utiliser vos jambes, vous n'êtes plus "bons" ! Rien que ça. Et là encore, où est l'aspect éducatif de l'art martial ? Je me répète, mais j'insiste... les maîtres du siècle dernier, pratiquaient eux, toute une vie, même sans les jambes, en préservant leur santé et non pas en subissant de durs traumatismes. C'est d'ailleurs par une pratique intelligente que vous pouvez pratiquer sur une vie. Évidemment, nul n'est pour autant à l'abri d'un soucis de santé, et là, nous avons tous le droit à une part de ce "gâteau" dont on se passerait bien.

      Si maintenant vous voulez essayer une pratique qui n'est pas celle d'un sport mais bien celle d'un art martial au sens noble du


terme, où la compétition y est totalement absente dans l'esprit de la pratique mais aussi dans celle des personnes présentes, alors vous pouvez nous rejoindre et vous verrez que souvent nous avons une vision de la pratique martiale bien erronée. Maintenant, ceux qui veulent faire de la compétition je n'ai évidemment rien contre, c'est leur choix et je le respecte et pour cela, il existe des structures qui le propose. C'est aussi bien que cela existe: il en faut pour tout le monde! Il ne faudrait cependant pas croire que la pratique que nous proposons est celle d'un loisir, d'un moment de détente... bien au contraire, c'est l'effort qui compte, la persévérance, l'assiduité et la réflexion pour toujours progresser et surtout évoluer dans sa technique à travers ce que vous pouvez mettre en place avec votre corps, mais aussi intelligemment, d'une manière constructive.


      Tout un programme et combien passionnant pour celles et ceux d'entre vous qui voudront bien faire cette démarche.

 

Le président : Jean Claude Bénis